Explorer la ville Le rapport aux espaces publics des enfants et des adolescents

entete_efg_appel

Ségrégations spatiales et imaginaire urbain des enfants marseillais

Explorer la ville, de l’espace vécu propre à chacun aux espaces partagés, c’est ce qui est proposé à cent vingt enfants, de six à dix ans, à Marseille depuis janvier 2016. A travers des activités ludiques, individuelles et collectives, dessins, cartographies mentales, récits et maquettes, sont interrogées les représentations urbaines et les usages de l’espace public des enfants.

Dans une ville où les « inégalités sociales particulièrement fortes et inscrites dans l’espace (…) » (Dorier, 2010), et où la fermeture résidentielle s’est généralisée sous toutes ses formes possibles (Dorier, 2010), l’espace public parcouru par les enfants « n’est pas une vaste cours de récréation, mais un territoire semé d’enbûches que les enfants doivent apprendre à éviter. (…) Entre la maison et l’école ou le « centre aéré », les parcours de l’enfant l’obligent à la prudence et limitent ses jeux. » (Paquot, 2015).

L’enquête se déroule au sein de plusieurs écoles publiques, pendant les temps d’activités périscolaires, dans des quartiers aux caractéristiques urbaines et socio-économiques fortement différenciées du nord et du centre de Marseille. Dans ce contexte, deux géographes urbanistes enquêtent directement auprès des enfants. Dans cette ville inégalitaire, quelles représentations urbaines les enfants développent-ils à travers leurs expériences restreintes (Rivière, 2012) de l’espace public ?

La démarche d’enquête est double et contrainte. D’une part, le temps de mise en œuvre de l’enquête bien qu’en dehors du temps scolaire, se déroule au sein des établissements dans un temps d’animation périscolaire tenu par des acteurs privés. D’autre part, les outils de compréhension de l’environnement urbain transmis deviennent des matériaux d’analyse. Les résultats esquissés questionnent la connaissance et l’usage de l’espace public des enfants à Marseille et leur urbanité. Dans quelle mesure, les enfants sont ils, en termes de représentations et de pratiques, réceptacles d’une certaine norme urbaine?

Antoine Bennahmias et Claire Pozé, géographes-urbanistes, Les Clés de la Cité

Marseille, 16 septembre 2016

Réponse à l’appel à projets, Up Côte d’Albâtre

En octobre 2015,une équipe composée de 3  personnes membres des clés de la cité a décidé de répondre à l’appel à projet Up Territoires D’Albâtre, dont vous trouverez tous les détails ici.

Pour faire court : « La deuxième édition du concours Up lance un nouveau défi, et les propositions se voudront exemplaires dans ce domaine : il porte sur un territoire à dominante rurale, avec un front maritime. La communauté de communes de la Côte d’Albâtre sera au coeur de la réflexion de tout un ensemble d’acteurs, professionnels, étudiants, collégiens, lycéens, habitants, élus, association, entreprises… pour penser son avenir.                                                                                                                                                               Les solutions aux enjeux seront sans doute une source d’inspiration pour résoudre des problématiques qui aujourd’hui dépassent aussi le cadre de la Côte d’Albâtre (renouvellement de la population, implantation d’activités, attractivité, présence des services, mobilité, maintien des commerces, place des scolaires…) dans des équilibres et des dynamiques à penser de façon globale.

Nous avons commencé par analyser le territoire. Antoine et Grégoire  se sont rendu à Grainville-la-Teinturière sur invitation des collectivités et de l’Université de Lille pour rencontrer des acteurs du territoires et assister à la présentation générale du territoire et de la démarche Up Territoire. Claire, membre de l’équipe s’est également rendu sur place en décembre pour prendre connaissance du territoire.

En Janvier, nous avons envoyé notre proposition constitué de 4 planches de projets : diagnostic, présentation générale du projet, axes de projets et quelques illustrations.

Le projet que nous avons réalisé propose un modèle de développement basé sur la fluidité du territoire, sa résilience et son recyclage, dans le sens d’une remise en cycles.

Pour la fluidité du territoire nous nous sommes intéressé aux distances inter-villages, aux réseaux existants (routier, ferré, cyclable et piéton), au développement des déplacements touristiques. Nous avons ainsi appréhendé le territoire comme un vaste système au sein duquel circule les biens, les personnes et l’argent.

Pour la résilience nous avons imaginé un territoire  qui s’appuie sur l’existant et notamment le Clos-masure, forme  sur le point d’être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. La résilience, c’est la capacité d’une personnes ou d’une structure à dépasser les aléas, à s’adapter au contexte.

Le recyclage, enfin. En s’appuyant sur l’ouvrage collectif Pour une écologie des milieux habités, Recycler l’Urbain (D’ARIENZO.R., YOUNES.C., (dir.), 2014,
ouvrage collectif, éd. Metis Presse, septembre 2014, p.525) notre propos consiste à envisager le territoire comme un espace qui se recycle, se repense et se façonne à partir des potentialités de l’existant.

Représentations du diagnostic :

En haut à gauche, les surfaces agricoles représentent 80% de l’occupation du sol

En bas à gauche, identification des parcelles attenantes aux zones urbanisées.

A droite, les distances qui séparent les villages pour faire apparaître un véritable réseaux, une constellation de village capable d’échanges locaux intégré à l’échelle de l’intercommunalité.

 

 

Nouvelle année, nouveau bureau, nouveaux projets

Avant tout, « les clés de la cité » vous souhaite une très bonne année 2016.

Que vos envies et vos projets se réalisent pour des villes qui osent le changement, pour que chacun d’entre nous devienne acteur de ce qu’il souhaite voir, pour que collectivement nous soyons plus fort face aux enjeux de notre temps.  Face à l’incertitude, face au repli sur soi de trop nombreuses personnes, face à l’injustice et l’inaction, face aux enjeux climatiques, réagissons !!!  Nous en avons grand besoin.

De son côté, « Les clés de la cité » sont fier de vous annoncer que nous avons désormais un local ouvert au public. Il est situé au 9, rue de la rotonde, à Marseille, entre la gare St Charles et les Réformés.

Nous sommes hébergés par l’association Plan M (Programme de logement des associations naissantes Marseillaises) qui gère le Noeuf de la rue de la Rotonde.    Pour en savoir plus sur le lieu, un petit article :  ici ! Et là : Facebook

    Pour le collectif les projets ne manquent pas. Nous sommes mobilisés pour l’animation des Temps d’Activités Périscolaires (TAP) dans le 14ème arrondissement de Marseille. Nous avons répondu présent pour le concours Up innovation de la Côté d’Albâtre. Nous avons toujours envie de développer un projet de coopérative d’habitants. Enfin nous serons présents pour la 2ème année consécutive aux côté du Collectif Association Huveaune pour l’animation des Fêtes de l’Huveaune.

Nos activités vous intéressent? Vous êtes curieux? Vous souhaitez prendre part à nos actions? Désireux de découvrir un nouveau lieu ?!

N’hésitez pas à venir nous voir, nous sommes présents du lundi au vendredi de 10h à 18h au Plan M.

A bientôt !

La ville de Marseille vu par les primaires et les lycéens

Présentation des projets

Paroles d’enfants et adolescents

Les Clés de la Cité ont travaillé avec une école primaire (Ecole Saint Barthélémy) du 1er arrondissement et un lycée professionnel (LP Colbert) du 7ème arrondissement de Marseille avec l’envie de laisser la parole aux enfants et adolescents, de leur faire parler de leur ville et de leurs lieux de vie.

Deux projets dynamiques

Ces deux projets ont consisté en la mise en place de divers media d’expression à destination des jeunes, dessins de cartes mentales, repérage collectif d’espaces sur une carte A0 de Marseille, des cartes de quartiers, entretiens filmés sur leurs modes de déplacement, débats mouvants sur leurs visions des quartiers vécus, jeux de rôles et mises en situation, ballade urbaine et l’instruction d’un questionnaire aux passants.

Lycée: 20 lycéens – 2 professeurs et 2 intervenants

École: 3 classes (CE2, CM1, CM2) – 1 intervenante

Quatre objectifs pédagogiques

  • Participer à la cohésion de groupe
  • Valoriser les connaissances individuelles et collective
  • Aiguiser les regards sur l’environnement quotidien
  • Développer la présentation de soi devant ses pairs et devant des personnes extérieures

Des projets de printemps

Les projets se sont déroulés de Mars à Juin 2015.

Des urbanistes à l’école

La parole sur la ville est rarement laissée aux enfants et aux adolescents, leurs espaces vécus sont largement contraints, voire restreints. Ces contraintes modèlent leurs visions de Marseille, tout comme leurs sociabilités ancrées entre la maison et l’établissement scolaire. Telles étaient nos hypothèses de départs.

Ces hypothèses ont été en grande partie infirmées et nuancées par les jeunes. Et en ce sens, ces projets ouvrent des perspectives passionnantes pour la création d’un diagnostic de Marseille par les scolaires.

P1110480

Dessin15